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Channel: Le Miroir des fantômes
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Les Enfants du marais

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Un métrage, une image : LeGuérisseur (1953)

Pour la ronetesque Jacqueline

Dans Le Cas du docteur Laurent(Le Chanois, 1957), Gabin se déguise idemen sudiste médecin, confronté à la colère de ses collègues ; dans Le Guérisseur (Ciampi, 1953), pourvu du patronyme-pseudonyme homonyme, Marais à Dinan domicilié traversa déjà tout ça, en sus s’amourache d’une chère malade à tumeur cérébrale. Le mélodrame médical revisite ainsi, inextremis, ici à peine retardée, la fameuse mort d’Eurydice et donc Orphée (Cocteau, 1950). Lachaux/Laurent s’impose en personnage plutôt intéressant, à la fois altruiste et cynique, qui traite ceux nombreux venant le trouver de « névrosés », qui voudrait bien enfin croire à son improbable super-pouvoir. Hélas, l’imposition des mains ne sert en définitive à rien, sinon certes à rendre jolie l’agonie, apaiser la patiente, farouche et frêle Isabelle, munie du charmant strabisme de Mademoiselle Delorme. Le couple en proie au doute, vite en déroute, se voit escorté de satellites tragi-comiques, mention spéciale au violoniste increvable mais très tourmenté de Maurice Ronet, tuberculeux malheureux néanmoins témoin. Car ce film jamais magnétique met en scène la mise en scène du magnétisme, son spectacle au carré, aux ondes Martenot illico, sa mise en abyme en prime, pendant le procès puis la conférence fissa transformée en séance, de bienfaisance ou de démence. Même tandemde cinéastes formés en bref à la médecine, personne ne confondra oui-da Ciampi & Cronenberg, tandis que les mauvaises langues ne manqueront de remarquer l’ironique incipit du magasin d’antiquités, lieu pas mieux du métrage d’un autre âge, théâtre en boîte ponctué de portes ouvertes ou fermées, existe aussi une interminable imagerie aux couloirs de traquenard, comme un convoi de fantômes féminins à cheveux gras, en ersatz du Ring (1998) de Nakata. Co-écrit par le romancier Pierre Véry, Le Guérisseur renvoie dos à dos la crédulité, la dureté, la file de naïfs, le peu miséricordieux praticien physionomiste. Tels les piètres pitres de la psychanalyse, disciples divisés d’une DangerousMethod, en effet, portés sur la parole, ses pseudo-vertus curatives, mystification à la con grassement rémunérée, thérapie d’escroquerie entamée pour l’éternité, jusqu’au décès de l’analysé, le désarmant Laurent accorde du crédit à ses propres inepties, « principe de plaisir » et d’espoir infine défait par celui dit de (la) réalité, désespérante et désespérée, propice au pis-aller des soins palliatifs. Si le rebouteux guère onéreux s’appelle Boëldieu, possible souvenir de LaGrandeIllusion(Renoir, 1937), la saloperie des paparazzi rappelle la mésaventure à vomir de Romy Schneider, mère de marmot en photo à la morgue. En résumé, reposant sur l’impeccable Marais, un item méconnu pas tant malvenu, même si je préfère en rester au sincère Winckler, remarquable Maladie de Sachs, transposé de façon illustrative par Deville (1999)…


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