Un métrage, une image : StationTerminus (1953)
AkaIndiscretion of an american wife, titre très informatif de la version US raccourcie, sorry, remontée selon les desiderata de David O. (Selznick), qui du reste le produisit, pygmalion d’exception, d’obsession, évidemment muni de ses interminables « mémos » ; Truman Capote s’occupa des dialogues. Un homme, une femme, un mari de l’autre côté de l'Atlantique. Une gare en Italie, un train pour Paris, une échéance de départ, au bord du trop tard, de l’épouse (bien ou mal) décidée à quitter son amant, afin de fissa retrouver sa famille. Tension maximale, sentimentale, morale, sexuelle, temporelle : les plans sur l’horloge morose se montrent quasiment autant stressants que pendant l’épisode FourO’Clockensuite signé Alfred Hitchcock, pas presents, plutôt Suspicion, salut à Soupçons (1941), accolade à Cornell (Woolrich), trois années après la transposition de Fenêtresurcour (1954). En écho au vaste huis clos que De Sica installe grâce à sa maîtrise de l’espace, puisque l’item se trame en totalité au sein du territoire (dé)limité, en explore et exploite pourtant les riches recoins, les ambiances stimulantes, le récit nous (re)lie au couple en déroute, nous chamboule au choix de l’héroïne en déprime, tout en nous permettant une marge d’imaginaire, de respirer un peu d’air. Afortiori renforcé par toutes les croisées incarnations de la réprobation à la con, surtout sociale, religieuse et policière, son dilemme ne s'exprime point, toutefois s’affiche et s’affirme via le vibrant visage de Jennifer Jones, si gracieuse et si valeureuse dans le sourire et dans les larmes qu'elle en éclipserait presque un Monty Clift impeccable. En résumé, compartiment recommandable, ouvert vers le méta, car mariage liminaire des rails et des documentaires, du train et du cinéma, pas seulement celui des Lumière à La Ciotat (1896), mélodrame intime, amitiés à Anna Karénine, opéra de poche, à mi-chemin immobile, (é)mouvant, entre lyrisme et sécheresse, arrêt en travelling terminé.