Quantcast
Channel: Le Miroir des fantômes
Viewing all articles
Browse latest Browse all 2012

Extension du domaine de la lutte

$
0
0

 

Un métrage, une image : LaGarçonnière (1960)

Un (mini) miroir pour mieux voir, une suicidée divisée à sauver, à déshabiller, à dorloter, un triangle tout en angles, de vaudeville vitriolé, une normalité très tourmentée : si LaGarçonnièrese souvient à l’évidence de Sueursfroides (Hitchcock, 1958), il anticipe aussi la géométrie déshumanisée du Playtime (1967) de Tati, relie en sourdine LaFoule (Vidor, 1928) à Brazil (Gilliam, 1985). Dans Commeuntorrent(Minnelli, 1958), Shirley MacLaine succombait aux balles de la jalousie ; ici, elle revit, amorphe, ranimée de force, à la Faces (Cassavetes, 1968), gifles non simulées en prime. Mélodrame humoristique, didactique et ludique, moralité morale mais jamais moralisatrice, le long métrage de (deux heures) son âge, au message presque à la Reich, deviens enfin un « être humain », « petit homme » à la gomme, « sans qualités » à la Musil, « unidimensionnel » à la Marcuse, se moque de Ford& Garbo, déjà charcutés par la TV, du fanatisme d’une standardiste, accro aux Incorruptibles, série au titre bien sûr ironique, tant TheApartment portraiture un milieu professionnel et personnel rempli d’imposture, de corruption, de collusion. Au sommet de la médiocrité d’une tour en verre d’enfer, à douce-amère liftière, à domicile à peine moins anonyme, où classer Ella, où souvent laver les draps (ou pas), le célibataire et solitaire Baxter, Buddy dévalisé de sa vie, délesté de son toit, démuni de son moi, de ses émois, copain complaisant, planificateur impuissant, espion épris, ne saurait se poser, se reposer, en solo s’astiquer, malgré un inhalateur farceur et du champagne en écho à celui de CryingFreeman (Gans, 1995), accessoires explicites parmi une panoplie portée sur la psy(chologie/chanalyse), clé de (couchette, toilettes) Tenuedesoirée (Blier, 1986) à la clé, chapeau melon de Chaplin & Magritte à l’unisson. L’arrivisme ou le vaginisme, le puritanisme ou le priapisme, il convient de résister au stress, à l’usure, de conclure sans conclure, donc de continuer à jouer, de se sourire, assis, avec une irrésistible complicité, après une course lyrique au creux de la rue, de l’escalier. Le romantisme se mélange au réalismedu réalisateur, surmonte le mimétique malheur. Les survivants attachants, peut-être demain amants, maintenant amis, apaisés, dessillés, dessoûlés, méritent cette coda ouverte, conçue sur le set, ni suspecte, ni obsolète, à l’écart des puissantes perspectives symboliques, qui emprisonnent, empoisonnent, à l’abri de la cabine d’ascenseur pleine à craquer de promiscuité, de salacité, à vous lever le cœur, à vous abaisser l’âme, main masculine (de classe, pas classe) au cul incluse. Assurance-vie (sur la mort), ressources (in)humaines, mirage du mariage, en noir et blanc élégant, Wilder cède à Sirk la couleur, promotion canapé délocalisée, festivités de fin d’année à la tristesse tissée de sexe, orgie de QG, secrétaire rancunière, émule ridicule de Marilyn, esseulée alcoolisée au décolleté reluqué, billet de spectacle, de (quasi) prostituée, rhume somatisé, révolution et révélation, conflit, épiphanie – le conte de fées défait, d’adultes à tumulte, désenchantés, doté d’un Dreyfuss comme (Jiminy) Cricket, à succès, récompensé, réchauffa la froide soirée.


Viewing all articles
Browse latest Browse all 2012

Trending Articles