Quand l’ancien « maître ivrogne » tombe le masque…
En trois titres – New Police Story, Shinjuku Incident et Karaté Kid–, Jackie Chan se réinvente et nous bouleverse. L'acrobate espiègle et doloriste de sa jeunesse (et de la nôtre) fait place à un homme blessé, marqué par les ans et les deuils d'une vie. Sa composition dans le dernier, vu récemment à la TV en VO, en particulier une scène mémorable de confession dans une voiture (tout ce qui lui reste de sa femme et de son enfant, victimes d'un accident qu'il causa), méritait bien un autre écrin, mais donne sa vraie valeur au film : Jackie sourit encore (rarement) et continue à transmettre les valeurs d'un art martial existentiel, mais son visage et son corps portent le poids inguérissable du monde. Il devient Jackie Chan, tel qu'en lui-même changé par ce qui excède le cinéma...