Une œuvre, un plan : La Malédiction de Belphégor (1967)
Merci à Jacqueline Waechter
« Il tape fort, Monsieur Belphégor ! » : la petite production paupérisée espérait probablement profiter du plébiscite de Belphégor ou le Fantôme du Louvre, fameux feuilleton diffusé sur l’ORTF en 1965 – elle fit toutefois un flop et son scénariste/réalisateur, déjà responsable de l’a priori redoutable Raspoutine(1954), idemitem franco-italien, Pierre Brasseur embarrassé en parasite du tsar, agité en rances transparences, s’en retourna fissa financer une flopée de films X, aux titres très drolatiques et veryseventies. Aussi résistant et exploitant, il signe ainsi un croisement du Fantôme de l’Opéra dû jadis à Leroux, mémorable roman musical et romantique, dont les multiples adaptations cinématographiques se dispensent souvent de souligner la dimension humoristique, à l’exception du sarcastique De Palma (Phantom of the Paradise, 1974), de Fantômas (Hunebelle, 1964) et un brin de Pleins feux sur l’assassin(Franju, 1961), méconnu mais estimable whodunitfamilial. Entre autres interprété par Monsieur & Madame Bussières, couple de concierges peu austères, plutôt en marinière, par un Souplex en policier perplexe, davantage que celui des Cinq Dernières Minutes, flûte, par un Zavatta présageant le Zaza de La Cage aux folles (Molinaro, 1978), il s’apparente à une sorte de giallo rigolo, à base d’adultère, de colère, de comptabilité trafiquée, d’héritier presque dépossédé, de chorégraphie affreuse, de nuit américaine incertaine, d’interrogatoire guère dînatoire, de torture sonore, de pastis en série, de pierres vertes suspectes, de danger enflammé, de sacrifice scénique esquivé inextremis, d’éboulement bienséant, de Minou démasqué, regard caméra + signature menaçante inclus. Filigrane homophobe à Toulon, donc ? Disons divertissement d’antan, d’hubris sans malice…